Ce texte a été écrit pour le livret du Congrès de yoga de l’UEY à Zinal en 2025

Abhyāsa and Vairāgya

Par Jérôme Balladur

Pour la version allemande, veuillez faire défiler vers le bas

Patanjali définit le yoga comme « la faculté de diriger les activités du psychisme ». La direction est clairement énoncée dès le 2ème sūtra. Il s´agit donc d´un yoga très mental, hautement spirituel, et dont le but est le samādhi (titre de ce premier chapitre). L´exigence est forte, et le but peut paraitre hors d´atteinte. Les traductions du terme samādhi sont d´ailleurs difficiles à saisir : enstase, ravissement lumineux, intégration complète avec l´objet, etc…Le Yoga serait-il réservé à des êtres d´exception ? Comment atteindre un but dont il est difficile de comprendre ce qu´il est ?

Heureusement Patanjali nous met sur la piste en révélant au sutra 1.12 les deux moyens pour y parvenir: la pratique persévérante « abhyāsa » et le non-attachement « vairagya ». Nous comprenons qu´ils doivent être utilisés conjointement alors qu´ils paraissent difficilement conciliables : pratiquer de manière persévérante est la manifestation d´une volonté, et donc l´expression d´une attente qui produit un attachement à un éventuel résultat. Inversement s´il n´y a plus ni désir ni attachement où trouver la motivation, le plaisir ?

Patanjali lève petit à petit le voile, et nous explique au sūtra 1.14 qu´il faut pratiquer sans interruption, de manière prolongée, avec confiance et zèle. Alors la pratique devient une habitude de vie, aussi vitale que le fait de respirer ; et la volonté n´est plus nécessaire, l´attachement fond petit à petit. Tous deux s´usent, se diluent dans le plaisir et l´enthousiasme de la pratique devenue mode de vie. Joie, énergie, enthousiasme et confiance guident nos pas dans la quête sur le chemin du yoga, dans ce voyage sur des terres si lointaines et si proches.

 

 

Abhyāsa und Vairāgya

 

Patañjali definiert Yoga als die Fähigkeit, “die Bewegungen des Citta in eine dynamische Stille zu bringen”. Die Richtung wird bereits im zweiten Sūtra klar angegeben. Es handelt sich also um einen sehr mentalen, hoch spirituellen Yoga, dessen Ziel der Samādhi ist (Titel dieses ersten Kapitels). Die Anforderung ist hoch, und das Ziel kann unerreichbar erscheinen. Die Übersetzungen des Begriffs Samādhi sind zudem schwer zu fassen: vollkommene Erkenntnis, kognitive Versenkung, völliges Verschmelzen usw. Ist Yoga also nur außergewöhnlichen Wesen vorbehalten? Wie kann man ein Ziel erreichen, dessen Bedeutung schwer zu verstehen ist?
Glücklicherweise gibt uns Patañjali im Sūtra 1.12 einen Hinweis, indem er zwei Mittel offenbart, um dieses Ziel zu erreichen: ausdauernde Praxis „abhyāsa“ und Nicht-Anhaftung „vairāgya“. Wir verstehen, dass beide gemeinsam angewendet werden müssen, obwohl sie schwer vereinbar erscheinen: Ausdauernde Praxis ist Ausdruck eines Willens und damit Ausdruck einer Erwartung, die eine Anhaftung an ein mögliches Ergebnis erzeugt. Umgekehrt: Wenn es weder Verlangen noch Anhaftung gibt – woher kommt dann die Motivation, die Freude?
Patañjali lüftet nach und nach den Schleier und erklärt uns im Sūtra 1.14, dass man ohne Unterbrechung, über lange Zeit, mit Vertrauen und Eifer praktizieren muss. Dann wird die Praxis zur Lebensgewohnheit, so lebensnotwendig wie das Atmen; und der Wille wird nicht mehr benötigt, die Anhaftung schmilzt allmählich dahin. Beide nutzen sich ab, lösen sich auf in der Freude und dem Enthusiasmus einer Praxis, die zum Lebensstil geworden ist. Freude, Energie, Begeisterung und Vertrauen leiten unsere Schritte auf dem Weg des Yoga, auf dieser Reise durch so ferne und doch so nahe Länder.

Traduction des sūtra : Bernard Bouanchaud

Übersetzung der Sūtra: R.Sriram